L’exil se raconte d’ordinaire comme une histoire de perte. C’est aussi, plus discrètement, une histoire de construction — celle de personnes qui arrivent avec une langue et une pratique et se mettent, presque aussitôt, à fonder des institutions.
Un lieu comme le nôtre est une infrastructure : des murs, un calendrier, une liste de diffusion, une bouilloire. Peu glamour, et c’est précisément le but. La culture a besoin d’un endroit fiable pour advenir.
Nous tenons à la permanence ennuyeuse d’une adresse fixe — une porte qui ouvre les mêmes soirs, un programme autour duquel on peut organiser sa semaine.